REGARDS CROISES

Le point de vue des experts

Coralie Marjollet, présidente de l’association IMAGYN et le Pr Benoît You, oncologue, partagent un échange sur les signaux d’alerte des cancers gynécologiques, les difficultés du diagnostic et l’importance du suivi après la ménopause.


Questions / Reponses

Comprendre le cancer de l’ovaire en 6 questions : 

Les cellules saines de l’ovaire peuvent se transformer en cellules tumorales et se multiplier de façon anarchique jusqu’à former une masse appelée tumeur maligne (ou cancer)1. Au 9ème rang des cancers féminins en France2, le cancer de l’ovaire est un cancer gynécologique qui concerne près de 5 300 nouvelles patientes chaque année3. L’âge moyen au diagnostic est de 65 ans1.

La tumeur est classifiée en 4 stades de gravité : 

  • Stade 1 : la tumeur reste localisée au niveau d’un ou des deux ovaires1,2
  • Stade 2 : le cancer atteint les organes voisins (utérus, trompes de Fallope, vessie, etc.)1,2
  • Stade 3 : la tumeur a atteint des tissus plus éloignés comme le péritoine ou les ganglions de la région pelvienne1,2
  • Stade 4 : des cellules cancéreuses se sont disséminées dans l’organisme et ont donné naissance à une/des métastase(s) à distance des ovaires (poumons, foie, rate, etc.)1,2

3 patientes sur 4 sont diagnostiquées à un stade avancé1, lorsque la maladie s’est déjà propagée au-delà de l’ovaire4. Ce diagnostic tardif s’explique par des symptômes peu spécifiques et souvent minimisés par les femmes mais aussi par la rareté de ce cancer, encore trop peu connu des médecins4.

« C’est un cancer qui est rare, avec des symptômes non spécifiques et du coup les patientes ne vont pas forcément aller consulter dès lors qu’elles ressentent ces symptômes-là. Et puis il peut y avoir un retard de diagnostic lié au fait que le médecin gynécologue ou le médecin traitant n’y pensera pas, ne va pas demander les examens nécessaires et donc la maladie va avoir le temps aussi de progresser. » (Pr. B. You – Vidéo « Le cancer de l'ovaire - Interview de C. Marjollet et du Pr. B. You». 

« Un autre point important, c’est que les femmes n’osent pas parler de ces douleurs. Ça touche à la zone intime et sexuelle et souvent, quand elles arrivent devant leur médecin elles parlent d’autres choses et pour le médecin c’est aussi difficile de prendre conscience que les symptômes ne sont pas comme d’habitude et qu’il devrait investiguer aussi de ce côté-là. » (Coralie Marjollet – Vidéo « Le cancer de l'ovaire - Interview de C. Marjollet et du Pr. B. You» )

Le cancer de l’ovaire se manifeste par des symptômes peu spécifiques : gonflement du ventre ou ballonnement abdominal permanent et inhabituel, douleurs inhabituelles du ventre, du bas-ventre (pelvis) ou du dos, modification récente du transit intestinal (comme une constipation sans raison apparente et sans saignement), fatigue inhabituelle, perte ou gain de poids, ou envies pressantes d’uriner, etc.1 S’ils sont peu spécifiques, ceux-ci sont souvent inhabituels et ne doivent pas être ignorés. S’ils résistent aux traitements et perdurent pendant plus de 3 semaines, il est essentiel de consulter un professionnel de santé2.

En France, l’âge moyen au diagnostic du cancer de l’ovaire est de 65 ans1, un moment où de nombreuses femmes cessent leur suivi gynécologique. Maintenir un suivi gynécologique régulier et favoriser un dialogue de qualité entre le médecin et la patiente peuvent faciliter la détection du cancer de l’ovaire, en aidant à reconnaître des signes cliniques parfois discrets mais persistants, et à recommander des examens complémentaires4. Il est donc essentiel de poursuivre un suivi régulier afin de permettre un diagnostic le plus précoce possible.

Lorsqu’un cancer de l’ovaire est diagnostiqué, la prise en charge de la patiente est décidée collectivement par l’équipe médicale au cours d’une Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP)1.

La RCP est une réunion regroupant les médecins de différentes spécialités (en général le chirurgien, l’oncologue, le radiologue et l’anatomopathologiste) qui interviennent pour réaliser une décision collégiale lors de la prise en charge de la maladie1,6. C’est pendant cette réunion que le traitement à mettre en place est décidé5. Le choix et l’ordre des traitements des cancers de l’ovaire sont définis, avec l’accord de la patiente, en fonction des caractéristiques du cancer et en particulier de son stade, c’est-à-dire de son étendue au moment du diagnostic, ainsi que de l'état de santé de la patiente, de son profil et de ses caractéristiques génétiques. 1. 

Aujourd’hui, les traitements du cancer de l’ovaire reposent sur la chimiothérapie, la chirurgie et/ou les thérapies ciblées, qui peuvent être administrés seuls, en association, ou de manière successive5. Concernant le traitement chirurgical du cancer de l’ovaire, l’INCa recommande que l’établissement autorisé à la chirurgie gynécologique réalise : au minimum 20 interventions de chirurgie de réduction complète (cytoréduction)/an pour le traitement du cancer de l’ovaire, en plus du nombre minimum de 20 interventions de chirurgie oncologique gynécologique1.

À chaque étape du parcours de soins, les patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire et leurs proches peuvent compter sur un accompagnement à la fois médical, social et humain à travers :

  • Les soins de support : assurés par l'équipe soignante (diététicien, psychologue, sexologue, socio-esthéticienne, professionnel de l’activité physique adaptée, kinésithérapeute…), ils peuvent atténuer les effets de la maladie et des traitements et préservent la qualité de vie1.
  • Les assistants sociaux connaissent l’ensemble des dispositifs et peuvent proposer un accompagnement dans les démarches administratives et sociales (aides à domicile, arrêt de travail, mutuelle, prêts bancaires)1,9 et les dispositifs de prise en charge, comme l'Affection de Longue Durée (ALD), qui couvre les soins liés à la maladie à 100 %1,10.
  • Le soutien des associations de patientes : un appui précieux pour rompre l'isolement, s'informer et échanger avec d'autres femmes. IMAGYN, agréée par le ministère de la Santé et portée par des patientes, des proches et des aidants, informe, sensibilise et défend les droits des femmes tout au long de leur parcours2.

Zoom sur 3 grands leviers d'action pour faire reculer la fatalité

 

Sensibiliser

au cancer de l'ovaire en faisant mieux connaître ses symptômes peu spéficiques et en encourageant un suivi gynécologique régulier, même après la ménopause, pour un diagnostic plus précoce.

Optimiser

le parcours de soins en adressant les femmes aux centres experts dès le diagnostic et en garantissant l'application effective et uniforme du décret du 26 avril 202211, qui réserve la chirurgie du cancer de l'ovaire aux centres réalisants au moins 20 interventions par an.

Garantir

aux patientes un accès rapide et équitable à l'ensemble des options thérapeutiques, incluant les innovations qui font évoluer les standars de soins et limitent les pertes de chances.

TEMOIGNAGES

Decouvrez leurs temoignages
face au cancer de l'ovaire

Une campagne co-construite par AbbVie en partenariat avec IMAGYN

Parce que les symptômes du cancer de l’ovaire sont souvent silencieux, son diagnostic est fréquemment tardif et la grande majorité des patientes est ainsi souvent diagnostiquée à un stade avancé de la maladie. Face à cette réalité, la sensibilisation est essentielle : c’est tout le sens de la campagne « Ovaires sous surveillance », co-construite par AbbVie en partenariat avec l’association IMAGYN.

La campagne « Ovaires sous Surveillance » a pour objectif d’informer sur le cancer de l’ovaire à travers des informations essentielles et des témoignages authentiques de patientes et de rappeler notamment l’importance de maintenir un suivi gynécologique régulier, même après la ménopause.

 

L'ASSOCIATION IMAGYN

Plus fortes ensemble!

IMAGYN, association de patientes atteintes de cancers gynécologiques pelviens et de proches, et agréée par le ministère de la santé depuis 2019.

ALLER PLUS LOIN

Téléchargez l'affiche et le livret de la campagne !

  1. INCa. Les traitements des cancers de l’ovaire. Guide patients. Septembre 2020.
  2. Fondation ARC. Tout comprendre sur le cancer de l’ovaire. Mars 2023. Disponible à l’URL : https://www.fondation-arc.org/sinformer-sur-le-cancer/les-differents-cancers/le-cancer-de-lovaire/#:~:text=Le%20cancer%20de%20l'ovaire%20est%20le%209e%20cancer%20le,68%20ans%2C%20apr%C3%A8s%20la%20m%C3%A9nopause.
  3. INCa. Panorama des cancers en France, Édition 2025, juin 2025. Disponible sur cancer.fr
  4. INCa. Cancer de l’ovaire — Du diagnostic au suivi, juillet 2019. Disponible sur cancer.fr
  5. IMAGYN. Ovaires et trompes. Disponible à l’URL : https://www.imagyn.org/les-cancers-gynecologiques/ovaires-et-trompes
  6. Ligue contre le cancer. Les cancers de l’ovaires. Avril 2018.
  7. INCa. Propositions d’évolution des critères d’agréments des établissements de santé pour le traitement du cancer. Avril 2020.
  8. Fondation ARC. Qu’est-ce-que les soins de supports en cancérologie ? Octobre 2024. Disponible à l’URL : https://www.fondation-arc.org/sinformer-sur-le-cancer/les-traitements-et-les-soins/les-soins-de-support/que-sont-les-soins-de-support-en-cancerologie/#definition
  9. INCa. Démarches sociales et cancer – Guides patients. Janvier 2018.
  10. IMAGYN. Notre histoire. Disponible à l’URL : https://www.imagyn.org/qui-sommes-nous/notre-histoire
  11. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045668512

FR-ONCOC-260041- 09/2026